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Travail de bureau, santé et IA (2/4) : saisie vocale, tapis de marche et positions variées.

Par 
Erwan et Micha
14/5/2026

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Cet article est le deuxième d'une série de quatre articles consacrés aux pratiques de travail post-IA pour un bureau plus sain. Retrouvez les autres articles :

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Dans le premier article de cette série, nous avons vu pourquoi le travail de bureau sédentaire est devenu un véritable enjeu de santé publique. Aujourd'hui, focus sur l’une des solutions les plus efficaces et généralisables : le tapis de marche au bureau.

Pourquoi se concentrer dessus ? Parce que c'est une pratique accessible, praticable en entreprise comme à domicile, et réellement efficace pour réduire les impacts néfastes de la position assise prolongée.

Et surtout, l'IA — en particulier la saisie vocale — permet aujourd'hui de l'utiliser plus efficacement et plus fluidement que jamais. C'est ce qui change radicalement la donne.

Et une précision importante avant de commencer : l’un des intérêts de cet article est d’avoir deux retours d’expérience et points de vue : celui de Micha et le mien. On a pas mal de recommandations communes, mais il arrive aussi qu’on ait des pratiques et conseils différents. donc à vous de trouver ce qui vous convient le mieux !

Comment j'utilise le tapis de marche au quotidien

Avant de parler matériel et technique, commençons par le concret : comment ça se passe vraiment au quotidien ?

Et ce notamment en tirant parti des outils d’IA. Le vrai tournant pour moi, ça a été de combiner le tapis de marche avec :

  • la dictée vocale
  • la transcription de réunions en temps réel.

Travailler en vocal sur le tapis de marche : la dictée

Grâce aux outils comme Wispr Flow (dont on parlait dans cet article), je peux désormais dicter la majorité de mes contenus plutôt que de les taper. Et ça change radicalement l'expérience du tapis.

[Capture d’écran]

Pourquoi ?

Parce que quand on dicte, nos mains ne font presque rien, sont libres, disponibles. Elles peuvent accompagner naturellement le mouvement de marche, le long du corps. Pas besoin de viser précisément avec la souris, pas besoin de taper au clavier.

L'avantage de Wispr Flow : je fais juste Ctrl+Espace (sur PC Windows) et c'est bon. Je dicte où que je sois. C'est très simple à mobiliser n'importe quand. Et ça met bien en forme les phrases, la ponctuation, les sauts de ligne, etc.

Et étant donné que quand j’utilise l’IA, je passe beaucoup de temps à dicter mes prompts (à l’oral, donc), à lire les réponses, et à itérer : cette position représente au moins 50 % de mon temps de travail au quotidien.

[Photo]

Sachant que pour écrire des e-mails qui soient propres du premier coup, j'ai un assistant IA de rédaction d'e-mails auquel j'ai spécifié toutes mes préférences. Et à 70% du temps, ça me fait un e-mail exactement tel que je le voulais, du premier coup. Pour ma part, je travaille dans Claude, mais ce serait la même chose avec ChatGPT ou Mistral.

[Capture d’écran prompt et résultat]

Et astuce : pour accéder directement à cet assistant sans naviguer, je fais Alt+C (un raccourci que j'ai créé avec Raycast — on vous en parle dans le prochain article de cette série) > ça m'ouvre Claude directement,

Et je suis alors à un clic de mon assistant de rédaction d'e-mail.

[Capture d’écran Raycast]

Quand le résultat nécessite des corrections : parfois, ça peut donner des résultats qu'il faut ajuster, parce que ce n'est pas exactement comme on aurait aimé le formuler.

Donc pour éviter d'avoir à corriger toutes les microfioritures, ponctuations, sauts de ligne, autres formulations qui ne me conviennent pas, plusieurs solutions :

  • directement dans Wispr Flow : je surligne le texte et je fais Ctrl+Win+Alt pour donner une commande de correction (Par exemple : ”Mets le 2e paragraphe sous forme de liste à puces, et corrige les dates, je me suis trompé. C’est le 19, 20 et 21. Et reviens plus souvent à la ligne.”
  • Dans Notion : je peux faire pareil et directement demander à l'IA de Notion d'appliquer les corrections dans le document où je me trouve.
  • Sinon, je continue à le prompter à l'oral dans Claude

Donc je dicte à l'oral pour la rédaction, et j'itère parfois aussi à l'oral pour les modifications.

Et autre astuce : faire attention à bien utiliser le bouton "Copier", qui est directement intégré dans votre outil d'IA, pour éviter d'avoir à sélectionner et faire Ctrl C. C'est bête, mais ça oblige à “viser” avec le curseur, et à se crisper.

Attention : parfois, il vaut mieux corriger les derniers détails au clavier et à la souris - ce qui permet de se relire par la même occasion, comme on l’aurait fait avec un texte créé de manière traditionnelle. Mais à chacun de trouver où mettre son curseur.

Et une précision importante : quand vous avez à naviguer à la souris et à éditer au clavier, il est essentiel de trouver une position adaptée. Par exemple :

  • Micha a ses coudes à 90 degrés, et les paumes de ses mains appuyées sur son repose-mains de clavier ergonomique
  • Pour ma part, je veille à marcher un peu penché vers l'avant, en m’appuyant sur mon bureau - car sinon j’ai tendance à me pencher vers l’arrière quand je claviote, et à avoir mal en bas du dos. Peut-être parce que je suis grand - et trop concentré ?

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NB : sur ce point - comme sur plusieurs autres - c’est à chacun de trouver son fonctionnement.

Comme on le dira plus loin dans l’article (et mieux vaut deux fois qu’une) : nous vous partageons ici un retour d’expérience à partir de nos constats et test empiriques, et cela ne vaut en aucun cas pour des recommandations validées par des expert·es de santé ! Si quelque chose vous vaut une gêne ou des débuts de douleurs, c’est certainement qu’il faut adapter votre configuration et vos usages.

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Parmi mes usages favoris sur tapis , en saisie vocale :

  • Dicter des e-mails, des messages Slack
  • Prompter Claude à voix haute pour leur demander d'exécuter des tâches
  • Réfléchir à voix haute sur un sujet, structurer mes idées
  • Forcément, suite à tout ça : Lire et relire les réponses de Claude
  • Faire compléter des bases de données Notion via le chat AI Notion
  • Et depuis récemment : guider Claude Cowork et itérer avec lui dans l’exécution des tâches que je lui demande

Travailler en vocal sur le tapis de marche : les réunions

Et un autre usage essentiel, qui cette fois-ci est surtout permis par la transcription automatique de visioconférences : participer à des réunions.

Fait notable : au moins 50 % du temps que je passe à travailler en marchant (ou à marcher en travaillant, selon ! 😄), c'est en étant en réunion avec une transcription automatique - en notant parfois quelques petites choses, souvent avec un bon vieux carnet et un stylo.

Notre conviction (et ça, il y a des bases scientifiques aussi) : le fait de réfléchir et de parler en marchant rend le flot de pensée plus naturel, on est plus spontané·e, voire plus créatif·ve. Je vous en parlerai davantage dans le prochain article sur mes pratiques de travail en marchant à l'extérieur.

Nos outils de transcription automatique de réunion

Pour tirer le meilleur parti des réunions en marchant, voici les outils et méthodes qu'on recommande aujourd'hui chez Contournement, selon le type de réunion :

1. Réunions internes du quotidien : Notion AI

Pour nos réunions internes du quotidien, où on n'a pas forcément besoin de savoir précisément qui a dit quoi, on lance la prise de notes directement dans Notion. Ce qui a pour énorme avantage de se faire au bon endroit, directement dans la page Notion où on se situe (on vous en parlait dans cet article). Pour le moment, malheureusement, la prise de notes automatique de Notion n'identifie pas les interlocuteur·rices. On vous donne plus de détails dans cet article.

[Capture d’écran]

2. Réunions externes sur Google Meet : Gemini

Quand on fait une réunion externe sur Google Meet, on lance le transcript avec Gemini.

Et si on a besoin de voir ce qui est montré à l'écran — par exemple pour une présentation ou une démonstration technique — on lance l'enregistrement de la vidéo en plus du transcript Gemini.

L’avantage : c’est déjà intégré dans notre abonnement Google Workspace, et ça évite d’avoir encore un outil supplémentaire de type Fireflies.ai ou tl;dv.

3. Rendez-vous physiques : Dicte.ai

Lorsqu'il s'agit d'un rendez-vous en présentiel, on transcrit avec Dicte.ai, qui est très pratique sur téléphone mobile pour les réunions en physique.

4. Visios sans solution de transcription côté client : Dicte.ai aussi

Ça arrive parfois (avec les grandes entreprises notamment) : le client n'a pas de solution de visio avec transcription intégrée. Dans ce cas, après avoir demandé le consentement, je pose Dicte.ai sur mon bureau et ça enregistre très bien ce que tout le monde dit, même en visio. Et ça identifie aussi les interlocuteur·rices, comme si on était dans la même pièce.

Bien sûr, il existe beaucoup d'autres outils comme Fireflies.ai, tl;dv, etc., mais on préfère réduire le nombre d'outils au maximum.

Adapter sa vitesse selon la tâche

Voici une règle d'or que j'ai apprise avec le temps : on ne marche pas à la même vitesse selon ce qu'on fait.

Entre 1 et 3 km/h : pour les tâches précises

Quand vous devez taper au clavier, cliquer précisément, faire de la conception graphique ou de slides, du code avec beaucoup de navigation... on vous conseille de rester sur une vitesse lente.

Pourquoi ? Parce qu'autrement, la concentration aidant, vous pouvez ne pas vous rendre compte que vous êtes dans une mauvaise position. Et sur le long terme, ça peut créer des tensions musculaires ou des déséquilibres posturaux.

Après, attention : j’ai trouvé ma façon de marcher lentement (notamment en variant un peu ma façon de marcher quand je sens une gêne), mais cela ne convient pas à tout le monde (par exemple, Micha parle de son rythme constant de 4 km/h, plus loin dans l’article 👇)

Entre 4 et 6 km/h : pour les réunions et la création vocale

Quand vos mains ne sont pas indispensables et ne font presque rien (réunions, dictée vocale, appels), vous pouvez accélérer. Vos bras peuvent accompagner le mouvement de marche naturellement le long de votre corps.

D'ailleurs, on constate que marcher plus rapidement lors de réunions renforce l’effet cognitif mentionné plus haut (d’être plus fluide et plus droit au but).

Autre avantage, si on le structure bien : être plus rigoureux dans la façon de retenir l’essentiel, et de récapituler les points essentiels.

Sachant qu’à 5 ou 6 km/h, ça commence à accélérer pas mal, donc je réserve ces cadences pour des points internes où je sais que je peux être un peu essouflé sans que ça ne nuise à la réunion ! 😄 Idem pour le fait de mettre un peu d’inclinaison, d’ailleurs, si le tapis a l’option.

Identifier les réunions compatibles avec le tapis de marche

Voici un conseil ultra-pratique : planifiez à l'avance quelles réunions vous allez pouvoir faire sur le tapis.

Pour ma part, je sais que ces réunions-là sont parfaites pour le tapis :

  • La réunion d'équipe de début de semaine (1 h)
  • Mes points bilatéraux avec des membres de l’équipe (3 h/semaine en moyenne)
  • Le "cool down" de fin de semaine - un moment informel le vendredi après-midi où, pendant une demi-heure, on se raconte tous nos impression de la notre semaine — pour avoir un moment collectif plus cool. (30 min)
  • Les rétrospectives de projet (1 h)
  • Certains points clients. Et au passage, ça permet de donner l'exemple ! (45 min à 1 h)

👉 Réparti sur toute la semaine, ça fait déjà presque une journée entière à marcher !

Critères pour identifier ces réunions :

  • Moins de besoin de partage d'écran ou de manipulation à la souris ou au clavier
  • Discussions stratégiques, brainstorming
  • Points de synchronisation d'équipe – s'il n'y a pas trop de choses à noter en direct, et que votre prise de note automatique est bien configurée pour tout transformer en points d'action et/ou en tâche, comme par exemple, avec les agents custom dans Notion.
  • Rétrospectives et bilans

L'avantage de cette prévisibilité : vous savez à l'avance que vous pouvez monter sur le tapis. Vous bloquez mentalement ces créneaux comme des "moments tapis".

La bonne pratique collaborative : "Attention, je dicte"

Pendant une réunion en marchant, si vous devez noter quelque chose d'important via saisie vocale, annoncez-le clairement : "Attention, je vais dicter un truc".

Puis dictez à voix haute ce que vous notez.

Double bénéfice :

  1. Les autres participants peuvent corriger en direct s'il y a une imprécision ou une erreur de date
  2. Ça évite les malentendus, et maintient la fluidité de la réunion

En linguistique, c'est proche de ce qu’on appelle les “métacommentaires discursifs“, qui servent à signaler un changement en fonction des phrases qu’on va dire, ou un changement de niveau de cadre énonciatif, dans le discours.

C'est d'ailleurs quelque chose de très utile quand on prompte à l'oral. Pour que l'IA distingue bien quand on est en train de dicter quelque chose, et quand on est en train de lui donner une commande dans ce cadre. On en parle dans le prochain article de la série.

La saisie vocale : une démarche empirique en constante évolution

Il est important de préciser que, même si j'essaie de tirer des conclusions un peu généralisables, il s'agit surtout de choses que j'ai observées chez moi ou au sein des membres de mon équipe, de manière très empirique.

D'ailleurs, il y a des situations où, sans même m'en rendre compte, j'utilise plus le clavier que ce que je pense - notamment pour les corrections. Par contre, j'utilise vraiment beaucoup de raccourcis, comme Ctrl + Maj + Flèche pour sélectionner des mots entiers et ne pas naviguer à la souris.

Il y a aussi des cas où taper au clavier permet tout simplement de penser, de structurer sa pensée.

Voire d’éviter une forme de surcharge cognitive que je constate quand je dicte trop dans l’IA. Parfois j’ai l’impression que de me remettre au clavier pendant 10/20 min m’apaise, cognitivement parlant. Donc j’alterne en fonction de mon ressenti.

C'est pour ça que je parle d'une démarche d'expérimentation qu'on compte documenter petit à petit, pour aller plus finement dans les cas d'usage de manière plus granulaire, en tenant compte notamment des types de tâches, des environnements de travail et des profils - car tout ne peut pas convenir à tout le monde.

Par contre, l'essentiel, c'est d'essayer, de tenter, et de s'y tenir pendant un ou deux jours pour voir si ça marche vraiment. Pour donner une chance à l'expérimentation, à l'adoption d'une nouvelle pratique. Et ainsi lui donner l'occasion de faire ses preuves, de voir si ça vous convient.

Cela vaut d'ailleurs aussi pour le fait de travailler en marchant. On se dit qu'un bon moyen de commencer en entreprise, c'est d'aménager un poste dédié à ça pour que les gens puissent venir tester — mais surtout pas d'équiper tout le monde d'emblée !

Si ça vous intéresse, contactez-nous, car on est à l’affût de collaborations et de cadres d’expérimentations pour inventer l’avenir sur ces sujets.

Les précautions et la réalité du terrain

Maintenant, parlons franchement des aspects moins glamours mais essentiels.

Ce n'est pas toujours facile de s'y tenir

Soyons honnêtes : ce n'est pas facile de se tenir au tapis régulièrement.

Il y a des semaines où, chez Contournement, on ne le fait pas du tout. Notamment quand on est trop speed et trop chargés — ironie du sort, c'est souvent quand on en aurait le plus besoin !

La barrière cognitive est réelle.

Le plus dur, c'est d'allumer le tapis et de commencer. Une fois lancé·e, ça roule. Mais cette barrière mentale du démarrage est un vrai obstacle.

C'est un peu comme les méthodes agiles : il faut être rigoureux·se et systématiser. Ne pas compter (que) sur la motivation spontanée.

Quelques astuces pour contrer cette difficulté :

  • Identifiez des créneaux fixes (vos réunions récurrentes = tapis)
  • Laissez le tapis déjà en place sous votre bureau (c'est pour ça qu'un tapis léger, facilement basculable sur le côté, c'est l'idéal)
  • Dites-vous "juste 5 minutes" pour démarrer
  • Acceptez que certaines semaines, ça ne se fera pas — et ce n'est pas grave

Attention : écoutez votre corps

Soyez à l'écoute de votre corps.

Et comme mentionné plus haut : si vous avez mal quelque part pendant ou après une session sur le tapis, c'est peut-être que vous êtes dans une mauvaise posture ou que vous marchez trop vite pour la tâche que vous faites. Ou que votre configuration de bureau est à modifier (hauteur de l’écran ou de la souris, par exemple)

Les situations qui requièrent une grosse concentration, notamment, peuvent amener à faire des mauvais mouvements sans s'en rendre compte.

Signaux d'alarme à ne pas ignorer :

  • Douleurs dans le haut du dos, entre le dos et la nuque
  • Tensions dans les épaules
  • Douleurs aux genoux ou aux chevilles
  • Fatigue excessive

Si ça arrive, ralentissez, adaptez votre posture, ou faites une pause.

Variez les positions : ce n'est pas QUE le tapis

Le tapis, c'est génial. Mais ce n'est pas la seule solution.

Alternez avec :

  • Le simple fait de travailler debout sur un bureau assis-debout - pas sur de longues durées, par contre !
  • Des phases de 15 minutes me conviennent, pour ma part, pour alterner avec la position assise.
  • Un siège haut type tabouret
  • Un ballon de Pilates
  • La position assise classique

Pour ma part, j'aime bien aussi, de temps en temps, avoir un pied posé sur la barre de mon tabouret, parfois mettre le dessus de mon pied sur mon siège qui est derrière moi, etc. Bref : varier et alterner !

La clé, c'est la variété — pas de rester dans une seule position, même si c'est une "bonne" position.

Le guide d'achat : bien choisir son équipement - par Micha

Maintenant qu'on a vu comment ça s'utilise concrètement, passons au matériel.

Les recommandations de Micha : bien choisir son tapis, et éviter mes erreurs

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Micha, expert TMS et responsable technique de l'équipe Contournement, partage ses recommandations sur le choix du tapis et les mises en garde posturales :

Avant de vous lancer, voici ce que j'ai appris à mes dépens sur le choix du tapis et la posture. Ce sont en bonne partie des erreurs que j'ai faites moi-même : autant vous éviter de payer la même note.

Les critères qui comptent

  • Poids maximal supporté. Prendre une marge confortable par rapport à votre poids, sinon le tapis fatigue plus vite et génère du bruit.
  • Vitesse maximale : ne surinvestissez pas ce critère. En pratique, vous ne marcherez pas au-delà de 6 km/h en travaillant. Au-delà, c'est difficile de rester proche du clavier ou de regarder confortablement vos écrans. Donc inutile d'y mettre du budget si ça vous oblige à sacrifier d'autres critères. C'est exactement l'erreur que j'ai faite : j'ai pris un tapis qui monte à 10 km/h avec des montants, plutôt qu'un modèle qui plafonnait à 5 km/h mais avec télécommande et sans montants. Je pensais que 5 km/h seraient limitants. Faux. Le second aurait été beaucoup plus pratique au quotidien.
  • Niveau sonore. Critère décisif si vous avez des voisins en dessous, si vous n’êtes pas seul dans votre bureau ou si vous faites souvent des visios. De nombreux tapis grand public deviennent bruyants dès 3-4 km/h.
  • Légèreté, basculement ou pliage compact. L'idéal, c'est que le tapis reste sous votre bureau en permanence et se bascule sur le côté d'un mouvement quand vous voulez vous asseoir. Autre option intéressante si vous avez peu d'espace : certains modèles sont très compacts et se plient. Ils prennent la taille d'environ deux valises cabine empilées. Louise dans l'équipe en possède un comme ça : un peu plus cher que l'entrée de gamme, mais très utile quand on n'a pas trop de place dans son bureau.
  • Privilégier la télécommande, se méfier des montants. Les montants verticaux (ces barres de soutien à hauteur de hanche) posent souvent un problème pratique : il faut un bureau qui monte assez haut pour laisser passer le tapis avec l'écran à hauteur des yeux, et les commandes sont fréquemment intégrées dans ces montants, donc cachées sous le plateau du bureau. Résultat : pour ajuster la vitesse, démarrer ou arrêter, vous devez descendre du tapis. Vraiment pas pratique.

Les prix vont de 100 à 1 500 €. Le tapis à 1 500 € n'est pas 15 fois meilleur que celui à 100 €. Il est peut-être même de qualité équivalente.

Le conseil que j'ai du mal à appliquer moi-même : dans l'idéal, il faudrait pouvoir essayer avant d'acheter (ce qui peut être compliqué car il y a peu de modèles d'exposition en magasin). La parade quand ce n'est pas possible : regarder les conditions de retour, tester sans abîmer, renvoyer si ça ne convient pas.

Trois choses à surveiller au niveau posture

Ne restez jamais debout statique trop longtemps. Avant d'avoir mon tapis de marche, j'ai testé une heure de boulot debout pour voir. Une seule heure, et c'est déjà largement suffisant pour s'en rendre compte : tassement au niveau des disques intervertébraux (zone lombaire), accumulation de sang dans les mollets. C'est même plus inconfortable que la position assise sur la durée.

Attention à la marche trop lente. Pendant un bon moment, je marchais à 2,6 km/h. C'est nettement plus lent que la marche naturelle à l'extérieur, et au bout d'un moment, j'ai commencé à avoir des douleurs en bas du dos. Deux causes probables : un tapis de qualité moyenne qui amortissait mal les chocs, et surtout une vitesse trop lente qui dégradait inconsciemment ma mécanique de marche, en désaxant le placement de mon bassin. Aujourd'hui, je marche à 4 km/h en continu, c'est beaucoup plus naturel.

Surveillez la position de vos mains. L'idéal : un angle d'environ 90° au niveau des coudes, ou les paumes de main posées sur un support. Chez moi, c'est le repose-main intégré à mon clavier ergonomique Logitech.

Précision importante : il faut la paume en contact avec le support, jamais le poignet. Poignet posé = écrasement du canal carpien (le passage par lequel transitent les nerfs du poignet à la main), réduction de son diamètre, et tensions voire douleurs sur le long terme. Ce n'est pas un repose-poignet, c'est un repose-main. La nuance compte, même si certaines vieilles recommandations disaient l'inverse.

Mon setup au quotidien

  • Souris : Magic Trackpad 2 d'Apple. Pas le plus ergonomique sur le papier, mais deux avantages que j'apprécie. Il est fixe (je ne le cherche pas avec des micro-mouvements de mains), et il permet des raccourcis à 1, 2, 3 ou 4 doigts selon la direction du swipe : beaucoup d'économies de mouvements de main.

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Le bureau assis-debout : indissociable du tapis

Avoir un tapis de marche sans bureau assis-debout, c'est comme avoir une voiture sans volant. Les deux vont de pair.

Critères pour choisir son bureau assis-debout :

  • Amplitude de hauteur : vérifiez qu'il monte suffisamment haut pour vous (surtout si vous êtes grand·e)
  • Stabilité à hauteur maximale : certains bureaux bas de gamme tremblent quand ils sont en position haute
  • Taille du plateau : adaptez selon vos besoins (écrans multiples, matériel, etc.)
  • Manuel vs électrique : les électriques sont plus pratiques mais plus chers

Hauteur des rambardes du tapis : Si votre tapis a des accoudoirs (recommandé pour la sécurité), vérifiez qu'ils sont compatibles avec la hauteur de votre bureau assis-debout. Certains tapis ont des rambardes trop hautes qui rentrent en conflit avec le plateau du bureau.

Solution économique : le rehausseur de bureau

Et d'ailleurs, si vous avez vraiment un petit budget, il y a une solution de contournement qui est très bien : les convertisseurs bureau assis-debout (aussi appelés rehausseurs de bureau).

C'est un dispositif composé de deux planches qu'il vous suffit de poser sur votre bureau. Vous mettez votre écran et votre clavier dessus, et quand vous le tirez : hop ! Ça se met à hauteur de travail debout — et ça coûte vraiment moins cher qu'un bureau assis-debout électrique ou mécanique complet.

Par exemple, ce modèle.

Le setup optimal : les détails qui comptent

Le tapis anti-fatigue sous les pieds

Comme mentionné plus haut par Erwan, si vous travaillez debout sans tapis de marche, prenez absolument un tapis anti-fatigue ou une planche un peu mobile sous les pieds. Ça repose vos articulations grâce aux micro-mouvements. Sans ça, vous allez le sentir passer au niveau des genoux et du bas du dos.

Positionnement de l'écran

Votre écran doit être à hauteur des yeux quand vous êtes debout. Si nécessaire, utilisez un support réglable.

Ne vous penchez pas trop vers l'avant (ou en tout cas suffisamment, pas pour éviter de vous faire mal à la nuque). Ou alors très légèrement pour ne pas non plus être trop penché.e en arrière (ce qui est un autre extrême non souhaitable).

Clavier et souris ergonomiques

Sur un tapis, vos mains bougent légèrement. Un clavier ergonomique et une souris adaptée font toute la différence.

Et pour conclure : le retour d'expérience concret de Micha après 5 ans de tapis

La clé, c'est la variété des positions — pas de rester dans une seule position, même si c'est une "bonne position."

Ça fait 5 ans que j'utilise le tapis de marche tous les jours. À l'origine, je tâtonnais sur le bon dosage, et j'ai fait des allers-retours avant de trouver mon équilibre. Voici ce que j'en retiens.

Au début, j'allais trop vite sur les tâches qui demandent de la précision. Pas par envie de battre des records, mais parce que je n'avais pas encore intégré qu'il fallait calibrer la vitesse selon la tâche.

Et surtout, à l'époque, j'utilisais beaucoup moins la dictée vocale. Pour une raison simple, les outils performants comme Wispr Flow ou Superwhisper n'existaient pas. Il n'y avait que la dictée native du Mac, beaucoup moins fiable, qui obligeait à revenir corriger en permanence. En pratique, je ne m'en servais quasiment pas.

Ce qui a fait la différence, c'est l'IA conversationnelle qui remplit mes bases de données à ma place. Quand je dicte à Claude avec un connecteur Notion, ou directement à l'IA intégrée de Notion, pour qu'elle remplisse une base ou crée des pages, je tape beaucoup moins. Et donc je peux marcher plus confortablement, à un rythme normal.

Aujourd'hui, je marche à 4 km/h en continu. Quasiment toutes mes journées, pour quasiment toutes les tâches. Au-delà, ça devient difficile de travailler confortablement : il faut forcer un peu trop pour rester proche du clavier ou pour regarder les écrans à gauche et à droite, ce n'est plus naturel.

La seule exception : le vendredi, lors des mentorats collectifs avec nos apprenants, où je descends à 2,6 km/h. À 4 km/h, je peux parler à l'oral sans problème. Mais sur ces sessions, je dois aussi partager mon écran et écrire dans le chat, autant de moments où je ne peux pas dicter et où j'ai besoin d'une vitesse plus calme pour rester précis. Ça ne dure qu'une heure, donc ça n'a pas d'impact postural.

Mes repères de vitesse, à adapter à votre cas

  • Si vous tapez encore beaucoup au clavier : 3 km/h max. La marche trop lente n'est pas idéale non plus, donc essayez plutôt d'augmenter le ratio dictée vocale + IA pour pouvoir monter en vitesse. Ou faites attention à surveiller ce qui vous convient (Cf. le REX d'Erwan, plus haut dans l'article)
  • Si vous dictez, êtes en réunion, ou lisez : 4 km/h, ça passe très bien.
  • Au-delà de 4-5 km/h : à réserver à des tâches où vos mains ne font vraiment rien (longues réunions d'écoute, appels).

À savoir aussi : la vitesse affichée sur les tapis a parfois un léger décalage avec la vitesse réelle. C'est généralement assez précis, mais ça peut expliquer pourquoi un « 4 km/h » sur un tapis paraît plus lent ou plus rapide que sur un autre.

La progression prend du temps, et c'est normal. Je n'ai pas commencé à 4 km/h en marchant 8h par jour. J'y suis arrivé sur 5 ans, par paliers, en testant et en écoutant les signaux de mon corps. Ce que je partage ici, ce ne sont pas des règles universelles, ce sont des repères à adapter à vos sensations, à vos objectifs, à votre état de santé et à vos éventuelles pathologies, et à votre matériel.

Aujourd'hui, je n'ai aucune douleur et je marche toute la journée. J'alterne avec la position assise uniquement lors de mes pauses café et de mon repas du midi.

Je précise ça parce que c'est probablement ma position la moins consensuelle. De mon point de vue, ce n'est pas la variété qui compte. Marcher est supérieur au reste, en tout cas dans mon expérience. Beaucoup de contenus sur le sujet, y compris d'autres passages de cet article, recommandent d'alterner les positions assise, debout, ballon, tapis. À titre personnel, ce qui marche pour moi, c'est de marcher en continu, point.

Cela dit, tout le monde n'a pas envie de marcher 8h par jour, et tout le monde n'y arrivera pas. Pour certains ce sera mon modèle (tapis en continu), pour d'autres une vraie alternance, pour d'autres encore juste réduire la position assise prolongée. À chacun de trouver ce qui lui convient.

Conclusion par Erwan : vos retours - et des ressources !

Voilà tout ce qu'on peut vous conseiller et vous partager à ce stade.

Bien sûr, il y a bien d'autres sujets sur lesquels on aurait pu écrire - par exemple, les différents types de sièges (notamment les sièges assis-genoux), les différents accessoires, etc. Mais on se dit que c'est moins notre domaine d'expertise, et qu'on se limite à ce qui est lié aux pratiques de travail et outils numériques de nouvelle génération.

Bien sûr, n'hésitez pas à nous faire part de vos retours à vous, de vos interrogations, ou même à nous dire si ça vous intéresse qu'on crée une formation sur ce sujet. Certainement qu'il y a quelque chose à faire de court et efficace, en une ou deux heures.

En tout cas, pour ma part, j'ai acheté une partie de mon matériel chez KQUEO, qui fait de la qualité, dont le service client est réactif, et qui propose du "made in France" pour un budget beaucoup plus abordable que d'autres sitesboutiques.

Et en allant sur leur boutique pour copier-coller le lien, je me rends même compte qu'ils ont mis à disposition des ressources — donc si vous voulez, n'hésitez pas à aller voir ce qu'ils conseillent. J'ai l'impression que vous retrouverez des conseils qui recoupent bien ce qu'on propose !

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À retenir : les points clés

  • Le tapis + vocal = révolution : combiner le tapis de marche avec la dictée vocale (Wispr Flow : Ctrl+Espace) change radicalement l'expérience
  • 50 % de mes pas en réunion : avec la transcription automatique, la majorité du temps de marche se fait en réunion
  • Itérer à l'oral plutôt qu'au clavier : pour les corrections, utiliser Claude via Raycast (Alt+C) ou l'IA de Notion plutôt que de se rejeter sur le clavier
  • Marcher rend le flot de pensée plus naturel : plus de spontanéité, de créativité, moins de multitâche cognitif
  • Adapter sa vitesse : 1-3 km/h pour les tâches précises, 4-6 km/h pour les réunions et la création vocale
  • Identifier les réunions compatibles : planifier à l'avance les créneaux "tapis" (réunions récurrentes, points d'équipe, clients à l'aise)
  • Bonne pratique collaborative : annoncer "Attention, je dicte" pendant les réunions
  • Ce n'est pas toujours facile : la barrière cognitive du démarrage est réelle, il faut systématiser
  • Bien choisir son tapis : léger et basculable, vitesse 1-6 km/h, niveau sonore acceptable, poids maximal adapté
  • Varier les positions : ne pas rester QUE sur le tapis, alterner debout/assis/ballon/tapis
  • Écouter son corps : les douleurs sont des signaux d'alarme, ne jamais les ignorer

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Prêt·e à franchir le pas ?

Ces nouvelles pratiques demandent non seulement le bon équipement, mais aussi une bonne maîtrise des outils vocaux et de l'IA. Chez Contournement, nous pouvons accompagner sur demande les équipes dans cette transformation :

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