Prochaine formation "Concevoir, exploiter et gouverner une base de données avec Airtable" éligible CPF : du 17 au 19 juin 2026. Plus d'infos ici !
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Le 31 mars dernier, j'étais à Airspace Paris, l'événement annuel d'Airtable en France.
Une journée dense, avec des retours terrain de grandes organisations - Decathlon, VINCI, Publicis, la Région Pays de la Loire - et quelques annonces produit qui valent le détour.
La salle était pleine, l'ambiance détendue mais sérieuse, et les intervenants·es avaient visiblement des choses concrètes à dire !
Voici ce qui m'a vraiment marqué.
C'est probablement le message qui a résonné le plus fort tout au long de la journée. Et il est venu de partout : d'Airtable eux-mêmes, de Forrester, et de chaque témoignage client.

Brandy Dunn, VP chez Airtable, l'a dit d'emblée avec une slide qui a fait salle comble :
"The hard part is not choosing the best LLM. It's connecting AI to real organizational data and workflows."
(Traduction : Le plus difficile, ce n'est pas de choisir le meilleur modèle d'IA. C'est de connecter l'IA aux données réelles et aux flux de travail de l'organisation.)
Ooooh, que j'étais ravi d'entendre ça, car c'est un message qu'on s'échine à répéter partout !
Elle a aussi posé la timeline de façon assez limpide :
Si vous avez du mal à faire la différence entre ces différents concepts, on vous invite à lire cet article dans lequel on définit tout ça.
Ken Parmelee, analyste principal chez Forrester, a appuyé un point connexe, sur lequel on insiste aussi lourdement dans nos masterclass de découverte, nos publications et nos formations - que ce soit pour le grand public ou des top managers :
"Build Agents Now! But not without governance and management."
(Construisez des agents maintenant ! Mais pas sans gouvernance ni pilotage.)
L'idée phare c'est que les organisations qui adoptent ces technologies aujourd'hui prennent une avance significative sur leurs concurrentes. Mais celles qui foncent sans structurer leurs données et leurs processus d'abord vont créer plus de bruit que de valeur.
Et j'ajouterai même que la plupart du temps, ce principe vaut également pour toutes vos bases de données et vos automatisations. Et que déjà, ces briques-là permettent de résoudre beaucoup de problèmes avant de sortir l'artillerie lourde avec des agents IA.
Jan Sassmanshausen, aujourd'hui Field CTO chez Airtable, est venu raconter son parcours chez Schaeffler - groupe industriel allemand de 120 000 collaborateurs·rices.
Au départ : un pilote à 6 sièges, fin 2023, pour unifier la production de contenus marketing après une fusion majeure.
Le problème concret : des équipes éparpillées dans le monde entier, des process en silo, et un budget de production qui explosait (une vidéo initialement budgétée à 150 000 € était montée à plus de 100 000 € de dépassement par simple manque d'alignement).
La méthode : commencer par un cas d'usage très ciblé, prouver la valeur vite, puis - et c'est la clé - "chasser le goulot d'étranglement suivant" ("chasing the bottleneck" : j’adore l’expression !). À chaque problème résolu, un nouveau problème devient visible. Et on l'adresse à son tour.
Les résultats : 6 outils remplacés par un seul, le time to market (délai de sortie) divisé par deux (de 12 à 6 jours), 5 heures de travail manuel économisées par personne et par semaine. Et aujourd'hui : 500 sièges.
"The hardest part isn't the technology. It's overcoming the status quo."
(Le plus difficile, ce n'est pas la technologie. C'est de dépasser le statu quo.)
Jan a aussi insisté sur un point souvent négligé : la gouvernance.
Les champions Airtable en entreprise finissent souvent par être débordés, parce qu'ils deviennent "l'expert de l'outil" pour toute l'organisation sans avoir de structure pour tenir la charge.
Sa recommandation : un Center of Enablement Excellence - une petite équipe centrale (2 à 4 personnes selon la taille), un réseau de champions dans les différentes entités, et une communauté active pour faire remonter les besoins et partager les bonnes pratiques.
Une excellente inspiration dans une période où, chez Contournement, on est en train d'explorer différents types de gouvernance possibles avec nos clients, notamment au sein des grosses organisations.
Gaspard Du Jeu, Lead Product Marketing Manager chez Decathlon, est venu présenter quelque chose d'ambitieux qu’il a monté avec toute l’équipe Product Marketing : une boucle de feedback (un système structuré pour collecter, traiter et prioriser les retours des équipes locales vers les équipes produit) déployée dans 79 pays.
Le problème de départ : trop de feedbacks qui arrivaient en vrac depuis les marchés locaux, aucune priorisation possible, des équipes produit qui naviguaient à vue. Sans compter que tout était en silo par produit - le site e-commerce ici, l'application là, le programme de fidélité ailleurs.
La solution construite sur Airtable :
Ce qui m'a frappé, c'est l'attention portée à la durabilité de l'engagement. Au lancement d'un système comme celui-là, tout le monde participe. Puis ça retombe. Tout le système a été conçu pour que l'impact des contributions soit visible - et pour que les équipes aient envie de continuer à jouer le jeu.
Résultat sur les feedbacks traités : un taux d'intégration de 20 à 30 % sur l'ensemble des retours reçus. Un chiffre volontairement calibré - si c'est trop bas, ça désengagerait les pays, si c'est trop haut, ça écraserait les équipes produit.
Aussi, la répartition des rôles était intéressante : Gaspard a centralisé le processus et la manière de faire, mais c'est l'ensemble de l'équipe Product Marketing qui a travaillé pour avoir le succès qu'ils ont aujourd'hui avec ce projet.
Rami Faouzi, directeur des opérations chez Publicis Media MENA, n'a pas pu faire le déplacement (pour des raisons liées à la situation au Liban), mais il avait préparé une présentation vidéo complète.
Son constat de départ : l'IA était partout dans l'organisation. Des copilotes, des outils de prompting (l'art de bien formuler ses demandes à une IA), des expérimentations dans tous les coins. Et pourtant, rien ne changeait vraiment dans la façon dont le travail se faisait.
Parce que l'IA était à côté des workflows, pas dedans.
"L’IA n'est pas la solution en soi. Où vous mettez l'IA dans votre workflow, c'est ce qui détermine sa valeur."
La bascule : arrêter de traiter l'IA comme un outil à part, et l'intégrer directement dans le système opérationnel. Deux usages concrets ont été montrés :
Philippe-Alexandre Schajer et Lucas Segrais de VINCI Construction ont présenté un cas que j'ai trouvé particulièrement parlant - pas parce qu'il est spectaculaire, mais parce qu'il est concret et honnête sur les difficultés.
VINCI déploie un programme de transformation ERP (un système de gestion intégré, type SAP) sur 10 ans, dans plus de 100 pays, pour 50 000 utilisateurs·rices. Ce n'est pas un petit projet.
Avant Airtable : dans certaines BU, chaque équipe avait ses propres fichiers Excel, sa propre liste de collaborateurs·rices, sa propre façon de travailler. Ce qui occasionnait des problèmes très classiques, que l'on rencontre souvent chez nos clients : pas de capitalisation d'une année sur l'autre, des informations introuvables, les mêmes erreurs répétées de projet en projet. Et une charge administrative énorme : les mêmes informations saisies trois fois pour trois interlocuteurs différents.
"On ne va pas faire un programme de transformation digitale avec Excel et PowerPoint. Ce n'est pas possible."
Aujourd'hui : 80 bases Airtable pour le seul programme Connect, 650 éditeurs·rices, 300 lecteurs·rices supplémentaires. La méthodologie projet est entièrement en ligne (en français et en anglais). Les comptes rendus d'ateliers génèrent automatiquement des points ouverts, reliés à leur projet. Et les managers ont un project board (tableau de pilotage) centralisé qui regroupe toutes les vues dont ils ont besoin - par projet, par domaine fonctionnel, ou par personne.
Et un fait notable qu’on adore : pour favoriser l'adoption, l'équipe a organisé des sessions "Coffee, Cookies and Airtable" à la cafétéria : celui/celle qui venait poser des questions repartait avec des cookies. Simple, mais redoutablement efficace !
Et en 2026, la prochaine étape : exploiter l'IA sur cette base de données maintenant bien structurée. "On a les fondations, on a la donnée. On va pouvoir faire des choses intéressantes", résume Lucas.
Je vais être honnête : c'était parmi les sessions que j'attendais le plus !
D'abord, parce que, chez Contournement, on est implantés à Nantes. Et voir une institution de notre territoire monter sur scène à un événement tech parisien pour parler de ses problèmes du quotidien et de comment elle les résout, c'est un plaisir peu commun.
Ensuite, parce que le discours de Constance Nebbula, Vice-Présidente de la Région en charge du numérique, était franchement rafraîchissant. Elle a posé d'emblée un principe qui nous parle forcément beaucoup :
"Ce n'est pas l'outil qui vient créer le besoin. C'est l'humain qui dessine, et l'outil s'adapte au contexte."
L'ambition affichée : faire de la Région une collectivité 100 % pilotée par la data. Ce qui suppose, avant tout, de transformer les habitudes de travail des 1 500 agents territoriaux (les fonctionnaires et collaborateurs·rices de la collectivité) - sans les forcer, sans les bombarder d'outils, mais en partant de leurs besoins réels.
Aymeric de Maussion, Directeur IA de la Région, qui fait bouger beaucoup de choses depuis plusieurs années sur le no-code et l’IA sur le territoire, a montré deux cas concrets.
Le premier : les ordres de mission (les autorisations de déplacement professionnel), qui transitaient auparavant par courrier papier en interne, avec traitement manuel, arbitrage opaque, et silence radio pendant plusieurs jours. Désormais : utilisation du formulaire Airtable, notifications automatiques à chaque changement de statut, suivi en temps réel pour toutes les parties. Simple - mais pour les équipes concernées, c'est un changement radical, et un gain de temps considérable.
"Ça gagne peut-être 9 mois de traitement. Et c'est déjà assez incroyable."
Le second : le pilotage du programme d'accélération IA en interne, avec 19 agents IA actuellement en production, une grille d'arbitrage pour décider quels projets lancer (tout ce qui est sous 70 % ne passe pas), et un tableau de bord pour les réunions bi-mensuelles avec le directeur général de la Région.
Ce qui est notable, c'est l'approche pas à pas, pragmatique, sans hype : un réseau d'ambassadeurs·rices qui testent en premier, un droit à l'erreur assumé, une formation continue intégrée. Pas de grand déploiement imposé d'en haut.
Et une note personnelle : on a eu la chance de former des profils de la Région sur Airtable - notamment des équipes du Cabinet - lors d'une initiation no-code et IA. Les voir ensuite déployer des outils comme ceux qu'Aymeric a présentés, c'est une vraie satisfaction, parce que c'est exactement l'impact qu'on cherche à avoir.
Deux annonces produit méritent d'être mentionnées.
La première : les agents natifs dans Airtable. Un nouvel onglet "Agents" dans les bases, qui permet de créer et configurer des agents directement dans la plateforme - avec des permissions granulaires, un suivi de leurs actions en temps réel, et la possibilité d'exiger une validation humaine avant qu'ils n'agissent. Mathieu Leonelli, ingénieur Airtable, l'a formulé ainsi :
"Demain, les agents seront plus nombreux que vos collaborateurs dans vos workflows. Votre plateforme doit être conçue pour les deux."
La démo montrée (un agent qui enrichit une liste d'inscrits à un événement en allant chercher des infos sur le web et dans Slack, en citant ses sources à chaque étape) n'est pas encore en production - mais c'était une première mondiale.

La deuxième : Omni 2.0, l'assistant IA d'Airtable, entièrement reconstruit. Il peut désormais prendre des fichiers Excel ou des tableurs mal structurés, comprendre leur logique, et les transformer automatiquement en un modèle de données propre et relationnel en quelques minutes. Il peut aussi répondre à des questions sur les données directement depuis Slack ou Teams, en citant ses sources. L'objectif affiché : permettre à n'importe quel·le collaborateur·rice de construire des outils et d'interroger des données, même sans maîtriser Airtable.
La mission affichée en ouverture par Mathieu Leonelli résume bien l'ambition, et résonne fort avec la vision qu'on porte depuis 2019 :
"Démocratiser la création de logiciels en la rendant accessible à tou(te)s, quel que soit le niveau d'expertise technique."
En tout cas, ravi d'y être allé. D'autant que ça a été l'occasion de recroiser pas mal de monde de la communauté Airtable.
Hâte de voir ce que vont donner les améliorations annoncées !
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À retenir : les points clés
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On forme à Airtable depuis plusieurs années - en entreprise, en individuel, et via des certifications professionnelles reconnues. Ce qu'on voit sur le terrain rejoint exactement ce qui a été dit à Airspace Paris : l'outil ne fait pas tout. C'est la structuration des processus, la qualité des données, et l'accompagnement des équipes qui font la différence.
Si vous voulez vous former - ou former vos équipes - à Airtable (et plus largement au no-code et à l'IA) :
Toutes ces formations sont finançables (CPF, OPCO, etc.). N'hésitez surtout pas à nous contacter !
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Schaeffler (120 000 collaborateurs·rices), Publicis Media MENA et VINCI Construction (programme ERP sur 10 ans, 100 pays, 50 000 utilisateurs·rices) ont présenté des cas très différents en apparence. Mais le schéma de fond était identique à chaque fois.
Au départ : l'IA à côté des workflows, pas dedans. Chez Publicis, des copilotes et des expérimentations partout (et pourtant rien ne changeait vraiment dans la façon dont le travail se faisait). Chez VINCI, des fichiers Excel empilés depuis des années, les mêmes erreurs répétées de projet en projet, les mêmes informations saisies trois fois pour trois interlocuteurs différents. Chez Schaeffler, une vidéo budgétée à 150 000 € qui avait dépassé de plus de 100 000 € par simple manque d'alignement entre équipes.
La bascule dans chaque cas : partir du problème concret, pas de l'outil. Schaeffler a commencé par un pilote à 6 sièges sur un cas très ciblé, prouvé la valeur, puis "chassé le bottleneck suivant". VINCI a d'abord structuré toute sa méthodologie projet en ligne avant de toucher à l'IA (et prévoit de l'exploiter en 2026 maintenant que la donnée est propre). Publicis a arrêté de traiter l'IA comme un outil à part pour l'intégrer directement dans le flux opérationnel : vérification automatique de conformité avant activation des campagnes, notification du bon responsable avec le bon contexte quand quelque chose cloche.
Les résultats parlent d'eux-mêmes.
Schaeffler : 6 outils remplacés par un, time to market divisé par deux, 500 sièges aujourd'hui.
Publicis : 70 % plus rapide, conformité à 100 %, 500 heures économisées par mois.
VINCI : 80 bases Airtable, 650 éditeurs·rices, et des sessions "Coffee, Cookies and Airtable" à la cafétéria pour embarquer les équipes (simple, mais redoutablement efficace).
Un point soulevé par Jan Sassmanshausen (ex-Schaeffler, aujourd'hui Field CTO chez Airtable) mérite d'être retenu séparément : la gouvernance.
Les champions Airtable en entreprise finissent souvent par être débordés, parce qu'ils deviennent "l'expert de l'outil" pour toute l'organisation sans avoir de structure pour tenir la charge.
Sa recommandation : un Center of Enablement Excellence - une petite équipe centrale (2 à 4 personnes selon la taille), un réseau de champions dans les différentes entités, et une communauté active pour faire remonter les besoins et partager les bonnes pratiques.
Une excellente inspiration dans une période où on chez Contournement est en train d'explorer différents types de gouvernance possibles avec nos clients, notamment au sein des grosses organisations.


