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Claude Cowork : Comment cette IA transforme votre travail

Par 
Micha
16/4/2026

J'avais besoin de me faire mon propre avis

Ça fait des semaines que je vois passer Claude Cowork partout. Les articles, les démos, les tweets enthousiastes. Anthropic l'a lancé en janvier 2026 en "research preview" (comprenez : c'est utilisable, mais c'est encore en rodage) et tout le monde en parle comme du futur du travail.

OK, mais moi j'avais besoin de tester. Pas de lire des avis, pas de regarder des démos YouTube. De tester sur des vrais cas (simples pour l’instant), chez Contournement, pour voir si ça pouvait être utile au quotidien pour moi et pour l'équipe.

J'utilise Claude Code depuis longtemps (la version pour développeurs, qui s'utilise en ligne de commande), et c'est probablement pour ça que j'ai mis du temps à m'intéresser à Cowork. J'avais déjà mes habitudes, mes réflexes.

Mais Cowork s'adresse à un public différent, et en tant que formateur, je devais comprendre ce que ça apportait de concret.

Mon approche est toujours la même : je cherche un cas d'usage concret, je lance l'outil dessus, et si je suis bloqué dans les premières minutes car l’outil ne répond pas à mes besoins, au moins je n'ai pas perdu de temps. Si ça débloque quelque chose, j'approfondis.

Spoiler : j'ai trouvé un cas où ça m'a fait gagner du temps. Et un autre où ça n'a pas marché. Les deux sont intéressants.

Claude Cowork, c'est quoi exactement ?

Aujourd'hui, quand on utilise Claude (le chatbot d'Anthropic), on est dans un échange conversationnel : on pose une question, Claude répond, on itère. C'est utile, mais Claude ne fait rien pour nous, il nous dit comment faire.

Claude Cowork change la donne : c'est un “agent IA” (un programme qui utilise l'IA pour analyser une situation et décider lui-même quelles actions prendre) qui s'exécute sur votre ordinateur. Concrètement, il peut lire vos fichiers, en créer de nouveaux, naviguer sur le web via votre navigateur Chrome, et enchaîner des actions complexes de bout en bout.

Pour faire simple :

  • Le chat Claude, c'est demander un conseil à un collègue.
  • Claude Cowork, c'est déléguer une tâche à ce collègue, et il la fait.

Comme mentionné plus haut, Claude Code permet de faire la même chose, mais en passant par des étapes qui exigent un niveau technique préalable ou accepter de travailler dans le terminal.. Cowork, c'est la version accessible à tout le monde, sans voir le code généré.

Cowork est disponible dès le plan Pro à 20$/mois, via l'application de bureau Claude (macOS et Windows).

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Ce que Cowork fait différemment d'une automatisation classique

C'est là que ça devient intéressant pour ceux qui connaissent déjà des outils comme Make ou n8n (des plateformes d'automatisation no-code qui permettent de créer des enchaînements d'étapes automatisées sans écrire de code).

La question qui revient souvent : "Mais du coup, ça remplace Make ?"

Non. Ça ne remplace pas Make. Ça couvre un autre type de tâches. Voici comment je vois la différence :

Make/n8n ou Claude Cowork ? – Contournement

Le point le plus concret, c'est la navigation web. Dans Make ou n8n, quand on veut interagir avec un site qui n'a pas d'API (le moyen pour deux logiciels de communiquer entre eux), on passe :

  • ou par du scraping web (extraire automatiquement des données depuis un site)
  • ou par un navigateur automatisé (un programme qui pilote un navigateur à ta place, comme le fait par exemple Comet, proposé par Perplexity).

Et là, on se heurte souvent au 2FA, la double authentification, ce code qu'on reçoit par SMS ou via une appli pour confirmer son identité.

Un bot ne peut pas passer cette étape tout seul, ou alors avec des bidouilles fragiles (cookies de session, tokens qui expirent - vous savez, ces jetons d'authentification temporaire -,…). Ce n'est pas techniquement incontournable, mais dans la pratique, c'est un des points de friction les plus pénibles à maintenir.Cowork, lui, peut utiliser votre navigateur Chrome avec vos sessions actives (à condition d'activer l'extension Claude in Chrome comme connecteur). Vous êtes déjà connecté à votre banque, à votre boîte mail, à vos dashboards fournisseurs. Le 2FA est déjà passé. C'est un avantage énorme pour tous les cas où il faut naviguer sur des interfaces web sans API.

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Claude cowork prend le contrôle de mon navigateur, ouvre et manipule les onglets à ma place.

Mon cas concret : les justificatifs Qonto

Chez Contournement, j'utilise Qonto pour les paiements par carte. Et chaque mois, même histoire : une liste de transactions sans justificatif associé. Il faut retrouver chaque facture, dans mes mails, sur les sites des fournisseurs, puis la télécharger dans la transaction associée dans Qonto.

Petite précision pour ceux qui ne connaissent pas Qonto : Qonto met à disposition de chaque entreprise une adresse email dédiée au traitement des justificatifs. Quand on envoie un email avec une pièce jointe (facture, reçu) à cette adresse, Qonto essaie automatiquement de l'associer à la bonne transaction. C'est très pratique, mais encore faut-il penser à envoyer chaque justificatif à cette adresse au fil de l'eau.

Le genre de tâche qu'on devrait automatiser, mais je n'avais pas encore pris le temps de mettre en place l'automatisation (ce n'était pas la priorité). Exactement le genre de cas où Cowork peut servir de première étape.

Ce que j'ai fait

J'ai copié la liste de mes transactions sans justificatif depuis Qonto, et je l'ai collée dans Cowork. Puis je lui ai demandé de :

  1. Chercher dans mes mails un email correspondant à chaque transaction (même date, même fournisseur)
  2. Vérifier si la pièce jointe est bien un justificatif de paiement
  3. Si oui, proposer un transfert automatique de l'email vers cette adresse Qonto

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Le résultat

Ça a très bien marché. Cowork m'a dégrossi environ 70% du travail. Le matching a fonctionné sur la plupart des transactions.

Personnellement, mon objectif ici n'était pas juste de traiter le mois en cours. Je voulais d'abord identifier les paiements récurrents et les lister, pour savoir lesquels sont simples à automatiser (un mail avec PJ facile à identifier, un forward direct) et lesquels nécessitent une intervention manuelle. C'est cette cartographie qui me permettra ensuite de construire une automatisation propre dans n8n. Cowork m'a fait gagner du temps sur les deux fronts : traiter le mois en cours, et comprendre le paysage de mes transactions.

Les 30% restants, et c'est là que ça devient intéressant

Les transactions non matchées, c'étaient surtout des factures que je n'avais pas reçues par mail. L'abonnement vélo en libre-service à Nantes, par exemple, pas de facture par email, il faut aller la chercher sur le site du fournisseur.

Et c'est là que le ping-pong avec Cowork prend tout son sens.

Car selon le fournisseur chez qui je devais aller chercher la facture, l'expérience est très différente :

  • Pour les factures fournies par Infomaniak  : Cowork va chercher la facture lui-même sur leur site, via Chrome. Le seul prérequis, c'est que je sois connecté à mon compte, et ça je dois le vérifier manuellement. Mais une fois que c'est fait, il navigue, il télécharge, il envoie. Rien à faire de mon côté.
  • Pour les factures fournies par n8n : la facture passe par Paddle (une plateforme de paiement), et là c'est bloqué. Cowork ne peut pas accéder à la page de facturation, probablement une limitation de sécurité côté Paddle. On peut faire "imprimer > enregistrer en PDF" depuis le navigateur, mais Cowork n'y arrive pas. Du coup, je lui ai demandé de me lister les liens des factures pour ne pas avoir à naviguer moi-même dans l'interface tous les mois. J'enregistre les PDF dans un dossier local, je lui donne accès à ce dossier, et il récupère les fichiers lui-même pour les envoyer à mon adresse Qonto.

Ce qui est intéressant, c'est que chaque fournisseur est un cas différent. Certains sont entièrement gérables par Cowork (Infomaniak), d'autres nécessitent un aller-retour (Paddle). Mais dans tous les cas, c'est moins de travail que de tout faire soi-même.

Un point important : je surveille ce qu'il fait. Quand Cowork navigue dans mon navigateur, je garde un œil. Je cadre le périmètre en amont en lui précisant ce qu'il doit faire et ce qu'il ne doit pas faire. Et surtout, je lui demande une validation avant chaque action irréversible : avant de transférer un mail avec pièce jointe à Qonto, il me montre ce qu'il va envoyer et attend mon feu vert.

Ça prend du temps ? Oui, un peu. Mais beaucoup moins que de tout faire moi-même. Et surtout, c'est le genre de tâche sans valeur ajoutée que je n'ai aucune envie de faire. Vérifier et valider le travail de Cowork, c'est déjà nettement mieux que de naviguer moi-même entre 15 onglets pour retrouver des factures.

Au fur et à mesure que je prendrai confiance dans l'outil, je surveillerai de moins en moins. Mais pour un premier usage, c'est sain de garder la main.

Ce n'est ni tout automatique, ni tout manuel. C'est un ping-pong humain-IA sous contrôle : Cowork fait ce qu'il peut, je reprends la main quand il est bloqué, je valide avant qu'il agisse, et je lui redonne la balle dès que possible.

De l'exploration à l'architecture

Évidemment, la question suivante s'est posée très vite : "Est-ce qu'on peut rendre ça récurrent ?"

J'avais déjà en tête que le process final devait passer par n8n pour le gros du travail. C'est exactement ce qu'on enseigne chez Contournement : quand un process est suffisamment compris et stabilisé, on l'industrialise dans un outil d'automatisation fiable. Pas dans un agent IA qui peut varier d'une exécution à l'autre.

Ce qui m'a intéressé, c'est que Cowork m'a confirmé cette direction et m'a proposé une architecture propre, exactement dans la ligne de ce que j'avais prévu :

  • n8n pour le travail de masse silencieux (70-80%) : un scénario planifié chaque mois qui interroge l'API Qonto, récupère les transactions sans justificatif, cherche les mails correspondants, et fait le forward automatique.
  • Cowork en tâche planifiée pour les 20-30% restants : il navigue sur les dashboards fournisseurs (Infomaniak, Paddle…) via Chrome, récupère les liens ou les PDF, et prépare des brouillons d'email pré-remplis.

C'est exactement ce que je vais mettre en place. Et le fait que Cowork ait été capable de me proposer cette architecture, avec le bon découpage entre automatisation structurée et agent intelligent, en dit long sur la maturité de l'outil.

Et c'est là que quelque chose d'intéressant se passe pour ceux qui nous lisent. La majorité de nos lecteurs sont des no-codeur/ses initiés , parfois des développeurs. Vous connaissez Make, n8n, Zapier, et vous voyez possiblement pourquoi ce process devrait finir dans un scénario automatisé.

Mais une partie d’entre vous arrive par le biais de l'IA : vous utilisez ChatGPT ou Claude au quotidien, vous êtes à l'aise avec les interfaces conversationnelles, mais vous ne connaissez pas (encore) les outils d'automatisation. Pour vous, ce moment est particulièrement parlant : c'est Cowork lui-même qui, face à une tâche récurrente, propose de construire une automatisation plutôt que de la faire lui-même. Il reconnaît qu'un outil dédié sera plus fiable et plus adapté que lui pour ce type de travail répétitif et structuré. C'est exactement le discours qu'on tient chez Contournement : chaque outil a sa place, et le plus intelligent n'est pas toujours le plus adapté.

Au final, Cowork a joué trois rôles dans ce process : exécutant (le matching initial), assistant interactif (le ping-pong sur les cas bloqués), et co-architecte (la validation et la formalisation du split n8n + Cowork). C'est la progression qu'on recommande : on ne commence pas par automatiser un truc qu'on n'a jamais fait. On le fait d'abord, ici avec Cowork, puis on industrialise avec le bon outil.

On avait d'ailleurs détaillé les différences entre automatisation, IA et agent IA dans cet article.

Un cas qui n'a pas marché, et c'est normal

J'ai aussi testé Cowork sur un autre besoin : récupérer des rapports depuis notre plateforme d'examen de certification et les attacher dans Airtable (son api ne le permet pas). Résultat : Cowork n'était pas la bonne interface pour ce cas. C'est finalement Claude Code (la version terminal) qui s'est avéré plus pertinent.

L’apprentissage est simple : Cowork n'est pas la réponse à tout, même quand la tâche semble coller. C'est important de le dire.

Ce qui manque encore

L'outil est déjà fonctionnel. Mais il y a des points de friction réels.

L'absence d'audit log (un journal de traçabilité qui enregistre tout ce que l'IA a fait, quand, sur quels fichiers) est un vrai sujet. Anthropic le confirme dans sa documentation : les fonctions de conformité ne capturent pas encore l'activité Cowork. Pour une utilisation en entreprise, c'est bloquant. Un DSI a besoin de savoir ce que l'IA a touché, même si on pourrait surement contourner ce problème.

L'authentification manuelle reste un frein. Aujourd'hui, il faut se connecter soi-même aux plateformes pour que Cowork puisse y accéder via Chrome. Pouvoir stocker de manière sécurisée certains moyens d'authentification rendrait l'outil beaucoup plus fluide. Mais au moins, cette contrainte a un avantage : on garde le contrôle.

Et c'est là que le contraste avec d'autres approches est éclairant. J'ai installé OpenClaw (un agent IA open source qui a explosé début 2026) sur un serveur local chez moi. OpenClaw offre un degré de liberté quasi total : l'agent peut agir sur votre machine, vos messageries, vos fichiers sans validation systématique. C'est puissant, mais les risques sont à la mesure. Il y a eu des cas d'agents qui ont supprimé des boîtes mail entières, ou qui ont envoyé des réponses à des personnes sans que l'utilisateur le demande. Résultat : je n'y mets rien d'important ni de sensible, ce qui limite forcément mes usages. Cowork fait le choix inverse : moins de liberté, plus de contrôle. Et pour un usage professionnel, c'est le bon arbitrage.

La consommation de crédits est aussi plus élevée que le chat classique, selon la documentation d'Anthropic. Les tâches multi-étapes sont plus gourmandes en tokens (les unités de "texte" consommées par l'IA à chaque action). Je n'ai personnellement pas assez utilisé l'outil pour le mesurer, mais c'est à garder en tête.

{encadré}

À retenir : les points clés

  • Cowork ≠ Make/n8n. C'est un complément, pas un remplaçant. Make/n8n gèrent l'automatisation structurée et fiable. Cowork gère le flou, l'interprétation, et les exceptions.
  • L'avantage clé : votre navigateur, vos sessions. Cowork utilise Chrome avec vos connexions actives (via l'extension Claude in Chrome). Fini les blocages de 2FA qui plombent les automatisations web classiques.
  • Le bon usage : explorer, prototyper, puis industrialiser. Cowork m'a servi à tester un process (justificatifs Qonto), à valider qu'il fonctionnait, puis à formaliser l'architecture cible dans n8n. C'est exactement la bonne progression.
  • C'est déjà fonctionnel, mais il manque les audit logs et un stockage sécurisé des authentifications pour un usage pro serein.
  • Contrôle vs liberté : contrairement aux agents comme OpenClaw qui offrent une autonomie totale (avec les risques associés), Cowork garde l'humain dans la boucle. Pour un usage professionnel, c'est le bon choix.

L'outil est encore jeune, il va bouger vite. On continuera à le suivre de près et à partager nos retours au fil de l'usage.

{/encadré}

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