Prochaines formations "Methodo, no-code et IA : concevez votre solution métier" (en téléprésentiel, et éligible CPF) : du 2 au 5 février 2026. Plus d'infos ici !
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J'ai mis en place mon premier site no-code avec Squarespace en 2009. Ma première automatisation avec IFTTT en 2012. Ça fait donc 16 ans que je crée, et que je fais du no-code de plus en plus quotidiennement au fil des années.
Et pourtant, je ne me présente jamais comme "expert no-code". Pourquoi ?
Parce que les mots ont un sens. Et que c'est important de bien les choisir, au risque de noyer la réalité dans un flou ambiant.
Être expert·e no-code, c'est bien plus que maîtriser quelques outils depuis longtemps. C'est être :
L'expertise, ce n'est pas juste de la pratique. C'est une maîtrise approfondie qui se construit sur des années d'expérience intensive.
Un·e consultant·e confirmé·e maîtrise bien 2-3 outils, livre des projets qui marchent, sait conseiller ses client·es. Il ou elle a généralement 2-3 ans d'expérience terrain solide. Et c'est déjà super !
L'expert·e, c'est autre chose. Il ou elle maîtrise parfaitement l'écosystème de ses outils davantage de temps (les études sur l'expertise parlent souvent de la règle des 10 000 heures). Il ou elle anticipe les limites avant même qu'elles apparaissent. Il ou elle conçoit des architectures complexes qui tiennent la route sur le long terme. Il ou elle forme d'autres consultant·es - et contribue en général activement à faire évoluer les pratiques du secteur.
Prenons un exemple concret : face à un projet de gestion client complexe sur Airtable avec des automatisations Make, le ou la consultant·e confirmé·e va créer une base fonctionnelle avec quelques automations qui marchent bien.
L'expert·e, lui ou elle, va d'emblée identifier les enjeux de performance, prévoir la montée en charge, anticiper l'intégration avec les systèmes existants de l'entreprise, concevoir une architecture modulaire pour faciliter les évolutions futures, et optimiser les flux pour éviter les erreurs et les doublons.
La nuance est importante.
Par exemple, pour ma part, je me définis plutôt comme expert en formation aux outils no-code et IA générative (sur le côté pédagogique) et en démocratisation et vulgarisation du no-code et de l'IA générative (sur le côté création de contenus, masterclass, conférences et autres formats courts, impactants et les plus exacts possibles).
D'ailleurs, j'ai eu une discussion passionnante avec Tony, notre formateur référent en IA là-dessus. Il ne se dit pas "expert IA" mais "expert en intégration de l'IA". Alors même qu'il pratique, étudie et met en place cela depuis des années, et qu'il a fait du développement web pendant près de douze ans.
Pour lui, l'expert·e IA développe des modèles, crée des IA de A à Z, comprend les mathématiques derrière les algorithmes. L'expert·e en intégration trouve les bons outils, agence les bonnes briques pour implémenter l'IA dans une organisation, sans forcément entraîner ou créer des modèles.
Cette précision dans les mots n'est pas du pinaillage. C'est de l'honnêteté intellectuelle.
Et franchement, j'ai plus tendance à faire confiance à quelqu'un qui m'expose clairement ce dont il n'est PAS expert·e, plutôt qu'à celui ou celle qui revendique une expertise après quelques mois de pratique d'une discipline.
Ça ne veut pas dire qu'il faut attendre 5 ans pour se lancer ou pour proposer ses services ! On peut déjà napporter énormément de valeur en tant que débutant·e motivé·e ou consultant·e confirmé·e. Mais être transparent·e sur son niveau, c'est respecter ses client·es et son métier - et c'est aussi se protéger soi-même.
Une fois tout ceci dit, à quoi ça sert concrètement ?
Eh bien, si cet article peut avoir au moins trois bénéfices, ce serait ceux-ci :
Vous encourager à la transparence sur vos compétences. Que vous soyez freelance, salarié·e qui monte en compétences, ou entrepreneur·se qui se lance : soyez clair·e sur ce que vous maîtrisez vraiment. Vous n'êtes pas obligé·e d'être expert·e pour apporter de la valeur. Un·e bon·ne consultant·e confirmé·e qui connaît ses limites vaut mieux qu'un·e soi-disant expert·e qui survend ses compétences.
Vous aider à identifier les vrais·es expert·es quand vous cherchez à embaucher ou à vous faire accompagner. Posez des questions précises sur l'expérience, demandez des exemples concrets de projets complexes, vérifiez la profondeur de compréhension. Un·e véritable expert·e saura aussi vous dire quand votre projet nécessite des compétences qu'il ou elle n'a pas.
Vous rassurer sur le fait qu'on n'a pas besoin d'être expert·e pour apporter de la valeur. Vraiment. La majorité des projets no-code et IA ne nécessitent pas une expertise de niveau "ceinture noire". Ils ont besoin de gens compétent·es, rigoureux·ses, à l'écoute, et qui savent bien faire les bases. C'est déjà énorme.
Le philosophe Herbert Marcuse disait que le langage structure notre pensée et notre perception du monde. Quand tout le monde devient "expert·e" après quelques mois, le mot perd son sens et sa valeur. Et avec lui, on perd la capacité à distinguer les niveaux de compétence.
Choisir les bons mots, c'est respecter la réalité. C'est permettre à chacun·e de se situer justement. C'est créer un écosystème plus sain, où la transparence devient la norme.
Les mots ont un sens. Choisissons-les bien.
Dans notre domaine comme (bien) au-delà, d’ailleurs.
Je me dis qu’on devrait plus souvent le rappeler à de nombreux·ses expert·es auto-proclamé·es, quitte à ce que ce soit fait à la manière de Jean-Marc Jancovici dans cette interview 😄


