Le Tank et la Mouche

Une mouche irritait un passant

Revenant à l’attaque, stressante, son insistance,

Rappelle ce truc angoissant,

Des manips numériques répétitives, dont chacun maudit l’existence.

Elle tournoie,

Il crie,

Elle plonge,

Il vrille,

Elle se pose,

Il fuit.

Direction son garage, le fameux, celui des informaticien·ne·s de génie,

“Voilà le châssis, toute mon ingénierie, mais où est le moteur, où j’lai mis ?”

Il réunit le canon, le blindage, les obus, la chenille.

A jamais il jure

Ben voyons,

Dans toute sa démesure

De moyens

De laisser la bourdonneuse

En haillons.

Un ami, le voyant

lui tendit une tapette (ou plutôt, pardon, une Zapiette)

“Pour ça utilise du no-code simple, tu n’lis pas la Gazette ?

Pourquoi sors-tu l’artillerie lourde face aux rondins ?”

Il s’en OSEF, part gromellant des railleries sourdes, dans son engin.

La mouche apparaît et là boum! Il tire vers elle

Puissance, énergie, effort, gasoil se déchaînent, dans cette querelle

Même si un petit piège astucieux au bout d’un fil eût suffi

Il veut ce qu’il y de plus sophistiqué, l’acier plus que le liège, telle est sa philosophie

Airtable et Zapier ? Trop simple.

Et vazy que c’est des grosses couches de Unqork que jte flanque

Il se perd, il sue, s’enlise, et paf, rien qu’la mouche couche le tank

Car il a choisi un outil, trop ample.

Moralité :

A toujours privilégier l'excès de puissance,

On finira par foutre le monde en l'air

Une fois assemblées des briques simples trouvent mille sens :

C'est toute la magie du modulaire.